Plus tard tu comprendras

Un film de Amos Gitai

Sortie le 21 janvier 2009
Synopsis :

Paris, aujourd’hui ; Victor, un homme d’une quarantaine d’années, seul, se recueille devant un grand mur où l’on devine des noms gravés. Le mur à la mémoire des déportés. Paris, 1987. Alors que le procès de Klaus Barbie est retransmis en direct, on découvre Victor entouré de documents où il tente de découvrir la vérité à propos de son passé familial. De son côté, Rivka, sa mère, s’active à préparer un repas. De la télévision, on entend très distinctement le début du même procès, le témoignage d’une rescapée. Lors du diner, Victor tente de faire parler sa mère qui s’y refuse. Elle fait mine de ne rien entendre ou change de conversation, elle veut finir tranquillement sa vie, au milieu d’objets et de souvenirs et entourée de ses enfants et petits enfants. Son attitude ne fait que renforcer l’agitation de Victor. Sa femme Françoise va le soutenir dans cette reconquête de la mémoire familiale.

INTERVIEW D’AMOS GITAI

Avec Plus tard, vous apportez une nouvelle touche à une oeuvre traversée par la question de la mémoire, de l’identité, du territoire...

A 17 ans, je suis venu passer quelque temps à Paris. Je me souviens d’un dîner avec un historien français qui s’était lancé dans la défense du Maréchal Pétain, expliquant qu’il avait agi en vrai patriote car il était absolument impossible de s’opposer directement aux Allemands sans risquer la destruction du pays entier. Selon lui, la décision de collaborer de Pétain avait été un choix intelligent et efficace. J’ai été évidemment choqué, mais son point de vue m’a ouvert les yeux. Le destin des juifs n’avait aucune place dans son raisonnement. Il considérait la situation du point de vue de la France et des Français, faisant complètement abstraction des juifs français. Au cours des années, le gouvernement français et les Français ont changé d’attitude concernant le passé et les crimes du régime de Vichy. Ces questions restent problématiques et le pays est toujours hanté par ses fantômes.”

Comment abordez-vous cet épisode spécifique de l’histoire française ?

Le roman de Jérôme Clément permet d’explorer les relations des Français à leur passé, particulièrement parce que sa famille paternelle était catholique française et que celle de sa mère était juive d’origine russe. Un bref flash-back sur le destin des grands-parents déportés hante le roman qui se passe pendant le procès Barbie dans les années 80. Il me semblait important de laisser ouvert le sujet de l’holocauste. Le film se termine par une scène concernant la commission destinée à dédommager financièrement les familles juives spoliées par le régime de Vichy. Une blessure qui ne guérira pas...

Pourquoi raconter cette histoire aujourd’hui ?

Je vois ce film comme une sorte de psychanalyse collective. Le cinéma - celui que je pratique - est un moyen de toucher des nerfs encore à vif. Ce qui suppose de le faire de manière “sensible”. Des films comme Plus tard ouvrent, à mon sens, un véritable dialogue entre passé et futur. La grande question actuelle est celle de la transmission. Je rejoins, à cet égard, les propos d’Aharon Appelfeld. Ce grand écrivain israélien estime que, avec la disparition des derniers témoins directs de la Shoah, cette transmission ne peut se faire désormais qu’à travers l’art, l’écrit, le cinéma, la peinture...

Plus tard repose sur des figures très caractéristiques de votre style (les plan-séquence, par exemple) qui elles aussi “traversent” l’espace et le temps, comme un écho à cette question de la transmission. Parlez-nous de votre approche formelle.

La première fois que j’ai réuni Jeanne Moreau, Dominique Blanc, Emmanuelle Devos et Hippolyte Girardot, je leur ai expliqué que Plus tard devait reposer sur le non-dit. Voilà qui paraît assez clair comme ça, mais comment en faire un film ? Le cinéma participe justement du principe inverse : montrer, dire, voir. Une émotion me touche quand elle est intérieure, contenue, maitrisée. Je déteste tout ce qui ressemble à de l’hystérie. Ça ne m’intéresse pas et ça ne me parle pas. Aussi ai-je souhaité pour Plus tard une approche tout en retenue. Et à mon sens, pour susciter ce type d’émotions, il faut jouer sur le temps, s’inscrire dans la durée : c’est exactement ce que permet le plan-séquence.

En réponse à ce temps, vient évidemment la notion d’espace. La mémoire des lieux et des évènements est révélée par de longs travellings...

J’utilise l’architecture comme une sorte de voile qui séparerait les divers fragments de la mémoire. J’aime que, d’une certaine manière, les acteurs se fondent dans l’espace, qu’ils jouent en ayant une conscience intime des limites, des frontières de leur environnement. Des semaines avant le début du film, nous avons ainsi pris possession de l’appartement de Rivka dans lequel nous allions tourner. Le cinéma est un rite moderne et j’ai toujours eu pour habitude de solliciter de la sorte l’investissement de mes comédiens. J’ai eu de la chance : Jeanne, Dominique, Emmanuelle et Hippolyte se sont considérablement impliqués dans Plus tard...

Propos recueillis par Cyrille Latour - France 2, en octobre 2008.

Voir la bande annonce de Plus tard tu comprendras
Format : QuickTime
Taile : 6.7 Mo

Pays : France
Format : 35 mm - 1.85
Son : Dolby SRD
Durée : 88 minutes
Fiche artistique :

Rivka : Jeanne Moreau
Victor : Hippolyte Girardot
Tania : Dominique Blanc
Françoise : Emmanuelle Devos
Sipa Gornick : Denise Aron-Schropfer
Georges Gornick : Daniel Duval
Louis : Samuel Cohen
Esther : Mouna Soualem

Fiche technique :

Réalisation : Amos Gitai
Scénario : Dan Franck, Jérôme Clément d’après le roman de Jérôme Clément (Ed. Grasset Fasquelle)
Adaptation : Marie-José Sanselme, Amos Gitai
Musique : Louis Sclavis
Image : Caroline Champetier
Décors : Manu de Chauvigny
Montage : Isabelle Ingold
Son : Erwan Kerzanet
Production : Image et Compagnie (France)/ Norddeutscher Rundfunk (Allemagne)

Pièces jointes :
Télécharger l’affiche du film
Format : Zip
Taile : 145.6 ko
Télécharger la 1ère photo
Format : Zip
Taile : 635 ko
Télécharger la 2ème photo
Format : Zip
Taile : 141.7 ko
Télécharger la 3ème photo
Format : Zip
Taile : 543.4 ko
Télécharger la 4ème photo
Format : Zip
Taile : 452.7 ko
Télécharger la 5ème photo
Format : Zip
Taile : 764.5 ko
Télécharger la 6ème photo
Format : Zip
Taile : 890.6 ko
Télécharger le dossier de presse du film
Format : PDF
Taile : 955.8 ko
Copyright 2002-2009 Pierre Grise Distribution - Tous droits réservés - Mentions légales.
©